

Noren Japonais 'Tsuchi'
Un noren noir orné de montagnes dorées et de courants ondulés
Hasegawa Tōhaku, contemporain et rival déclaré de Kanō Eitoku, peignit vers 1593 le paravent Shōrin-zu Byōbu (« Pins dans la brume ») devenu Trésor National du Japon. Sur un fond de soie écrue, quelques pins fragmentaires émergent d'un brouillard suggéré par l'absence totale de pigment — l'œuvre repose presque entièrement sur le vide. Ce paradoxe pictural — peindre en ne peignant pas — caractérise une partie de l'art zen Muromachi-Momoyama (XVe-XVIe siècles) où les seigneurs daimyō commandaient pour leurs résidences des compositions monumentales à la feuille d'or sur fond noir laqué.
Ce noren reprend cette grammaire chromatique sans pour autant la copier. Le tissu vert sombre presque noir sert de fond à des montagnes stylisées dorées émergeant de lignes ondulées qui zigzaguent horizontalement — ces lignes peuvent figurer indifféremment des nuages, des brumes matinales, ou les courants atmosphériques qui circulent entre les pics. La répétition du motif vertical le long du tissu transforme le seuil en un véritable paysage condensé, à la manière des rouleaux verticaux kakemono qui décoraient le tokonoma des maisons aristocratiques.
Le terme tsuchi (terre) renvoie à l'un des cinq éléments du système cosmologique go-gyō hérité de la Chine via la Corée — Terre, Eau, Feu, Bois, Métal. Dans ce système, la terre représente le centre, la stabilité, le point fixe autour duquel les quatre autres éléments circulent. Les montagnes japonaises incarnent cette élémentaire stabilité ; elles sont considérées comme des manifestations divines — particulièrement le Fuji, l'Ontake, le Hiei, le Kōya, tous siège de pratiques de pèlerinage millénaires. Ce noren installe donc un fragment de spiritualité montagnarde au seuil d'une pièce.
Quelques contextes magnifient cette pièce. L'entrée d'un cabinet de calligraphie shodō à domicile, où sa palette noir-or dialogue avec les encres et les papiers du shodōka. Le passage vers un salon de réception dans un appartement aux palettes feutrées sophistiquées (laques foncées, cuir patiné, éclairage tamisé). L'accès à une chambre principale dont les boiseries foncées appellent une grammaire chromatique noble. Cadeau pertinent pour les pratiquants de zazen, les collectionneurs de paravents Momoyama (même en reproduction), et les lecteurs de l'essai Éloge de l'ombre de Tanizaki Jun'ichirō.
- Composition : mélange polyester-coton à toucher naturel et tombé fluide
- Plusieurs tailles disponibles selon votre largeur d'ouverture
- Fente centrale traditionnelle pour le passage discret entre deux espaces
- Installation : barre de suspension à passer dans l'ourlet supérieur
- Entretien : lavage en machine à 30°C, séchage à plat, fer doux
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Description
Un noren noir orné de montagnes dorées et de courants ondulés
Hasegawa Tōhaku, contemporain et rival déclaré de Kanō Eitoku, peignit vers 1593 le paravent Shōrin-zu Byōbu (« Pins dans la brume ») devenu Trésor National du Japon. Sur un fond de soie écrue, quelques pins fragmentaires émergent d'un brouillard suggéré par l'absence totale de pigment — l'œuvre repose presque entièrement sur le vide. Ce paradoxe pictural — peindre en ne peignant pas — caractérise une partie de l'art zen Muromachi-Momoyama (XVe-XVIe siècles) où les seigneurs daimyō commandaient pour leurs résidences des compositions monumentales à la feuille d'or sur fond noir laqué.
Ce noren reprend cette grammaire chromatique sans pour autant la copier. Le tissu vert sombre presque noir sert de fond à des montagnes stylisées dorées émergeant de lignes ondulées qui zigzaguent horizontalement — ces lignes peuvent figurer indifféremment des nuages, des brumes matinales, ou les courants atmosphériques qui circulent entre les pics. La répétition du motif vertical le long du tissu transforme le seuil en un véritable paysage condensé, à la manière des rouleaux verticaux kakemono qui décoraient le tokonoma des maisons aristocratiques.
Le terme tsuchi (terre) renvoie à l'un des cinq éléments du système cosmologique go-gyō hérité de la Chine via la Corée — Terre, Eau, Feu, Bois, Métal. Dans ce système, la terre représente le centre, la stabilité, le point fixe autour duquel les quatre autres éléments circulent. Les montagnes japonaises incarnent cette élémentaire stabilité ; elles sont considérées comme des manifestations divines — particulièrement le Fuji, l'Ontake, le Hiei, le Kōya, tous siège de pratiques de pèlerinage millénaires. Ce noren installe donc un fragment de spiritualité montagnarde au seuil d'une pièce.
Quelques contextes magnifient cette pièce. L'entrée d'un cabinet de calligraphie shodō à domicile, où sa palette noir-or dialogue avec les encres et les papiers du shodōka. Le passage vers un salon de réception dans un appartement aux palettes feutrées sophistiquées (laques foncées, cuir patiné, éclairage tamisé). L'accès à une chambre principale dont les boiseries foncées appellent une grammaire chromatique noble. Cadeau pertinent pour les pratiquants de zazen, les collectionneurs de paravents Momoyama (même en reproduction), et les lecteurs de l'essai Éloge de l'ombre de Tanizaki Jun'ichirō.
- Composition : mélange polyester-coton à toucher naturel et tombé fluide
- Plusieurs tailles disponibles selon votre largeur d'ouverture
- Fente centrale traditionnelle pour le passage discret entre deux espaces
- Installation : barre de suspension à passer dans l'ourlet supérieur
- Entretien : lavage en machine à 30°C, séchage à plat, fer doux





















